Arts et culture · 1/6

Terre, bois de palmier et motifs : l’architecture haoussa

Brique crue, poutres de palmier et pourquoi une vieille maison haoussa est toujours en train d’être renouvelée.

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La construction traditionnelle haoussa se fait en terre. Les murs sont en briques de terre séchées au soleil (tubali) ou en argile moulée et damée, et les toits reposent sur des poutres en bois de palmier, recouvertes de terre ou de chaume. Sous un climat chaud et sec, d’épais murs de terre gardent les pièces fraîches le jour et restituent la chaleur la nuit. Le matériau est bon marché et local, et une maison peut être réparée chaque année après les pluies, ce qui explique que de nombreux vieux quartiers paraissent à la fois anciens et fraîchement renouvelés.

Le plan suit l’ordre social décrit dans le chapitre sur la société. Une concession (gida) s’ouvre par un vestibule (zaure) où l’on reçoit les visiteurs, afin que les étrangers n’aient pas à entrer dans les cours intérieures de la famille. Derrière, des cours et des pièces séparées abritent le foyer, avec une nette distinction entre la façade publique et l’intérieur privé. L’architecte J. C. Moughtin, dont l’ouvrage de 1985 est l’étude de référence, soutient que la forme de la maison, de la rue et de la ville exprime les mêmes idées de discrétion, de rang et d’hospitalité.

Les édifices les plus admirés étaient les palais et les mosquées des émirats. Leurs façades pouvaient être modelées en plâtre de reliefs géométriques, puis peintes, et les vestibules des palais royaux étaient construits avec grand soin comme des scènes de cérémonie. Le palais de Kano, associé par la tradition au règne de Muhammadu Rumfa au XVe siècle, a été reconstruit à de nombreuses reprises, ce qui est la vie normale de l’architecture de terre.

  • Adaptée au climat. Murs épais, petites ouvertures et cours ombragées tempèrent la chaleur sahélienne.
  • Renouvelable. L’enduit de terre est refait après chaque saison des pluies : le bâtiment est entretenu par la communauté qui l’habite.
  • Décorée. Les motifs en relief sur les façades et les portails, parfois rehaussés de couleur, signalent la maison d’une personne de rang.

Aujourd’hui, les parpaings de béton et les toits de tôle ondulée sont, pour beaucoup de familles, plus faciles à entretenir, et les vieux quartiers se reconstruisent. Les remparts décrits dans le chapitre sur les cités subissent la même pression, et leur sauvegarde dépend de la capacité des habitants à y voir un patrimoine vivant plutôt qu’une ruine. Le livre de Moughtin est un bon point de départ pour qui veut des dessins et des plans cotés.

Sources de cet article

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