Le haoussa possède une riche littérature orale et une longue littérature écrite. Les contes du soir (tatsuniya), les devinettes (kacici-kacici), les proverbes et les chants de louange se transmettaient par la parole, et sont encore la première littérature que rencontrent la plupart des enfants. La littérature écrite a commencé en ajami, l’écriture d’origine arabe évoquée dans le chapitre sur l’islam. Des poètes, comme ceux du cercle de dan Fodio, ont composé des vers religieux et politiques en haoussa, en adaptant les mètres arabes aux tons et aux syllabes du haoussa, et le Wakar Bagauda, récit en vers de la dynastie de Kano, montre la rencontre de la mémoire orale et de la forme savante.
Des femmes comptent parmi les créatrices de cette littérature. Nana Asma’u (1793-1864), fille d’Usman dan Fodio, a beaucoup écrit en plusieurs langues et organisé un réseau d’enseignantes qui ont diffusé le savoir dans le califat (voir le chapitre sur les Femmes).
Dans les années 1930, l’imprimerie en caractères latins a commencé à ouvrir la lecture du haoussa à un public plus large. Abubakar Imam (1911-1981), premier rédacteur en chef haoussa du journal Gaskiya Ta Fi Kwabo, a soumis son récit Ruwan Bagaja à un concours littéraire en 1933, puis compilé Magana Jari Ce, un recueil de contes. À partir des années 1980, un essor de romans bon marché vendus sur les marchés de Kano, souvent écrits par des femmes et consacrés à l’amour, au mariage et à la famille, a créé un nouveau public populaire. Des chercheurs, dont Graham Furniss, ont étudié cette « littérature de marché ».
Haƙuri maganin duniya.
Proverbe haoussa : « La patience est le remède du monde. »
Sources de cet article
- Furniss 1996, chapitres sur la poésie, la prose et la culture populaire
- Unsigned overview (n.d.), section « Prosody, Ajami, and Literary Evolution » (plan)