Islam, savoir et écritures · 3/4

Ajami et boko : deux manières d’écrire le haoussa

Des lettres arabes pour des mots haoussas, puis un alphabet latin : l’histoire de deux écritures.

2 min de lecture

Bien avant la période coloniale, des lettrés haoussas adaptèrent l’alphabet arabe pour écrire leur propre langue. Cette écriture s’appelle l’ajami. Elle servit aux chroniques, aux notes juridiques, aux prières et surtout à la poésie, notamment les poèmes de louange et d’enseignement chantés et copiés à la main.

Les poètes haoussas empruntèrent aussi des mètres arabes pour leurs vers. Des spécialistes comme Graham Furniss ont montré comment les schémas classiques arabes furent adaptés aux tons et aux rimes du haoussa, l’un des exemples les plus nets de la façon dont une culture littéraire musulmane devint pleinement locale.

Au début du XXe siècle, les Britanniques, avec notamment l’éducateur colonial Hans Vischer, introduisirent une orthographe en lettres latines appelée boko. Aujourd’hui, la plupart des journaux, manuels scolaires et sites web emploient le boko, tandis que l’ajami reste vivant dans l’enseignement religieux et dans un renouveau numérique. Le mot boko en est venu à désigner l’école à l’occidentale en général, ce qui explique le nom du groupe militant Boko Haram (« l’éducation occidentale est interdite »).

Sources de cet article

Suivant →Confréries soufies et mouvements réformistes
↑