Les anthropologues Virginia Salamone et Frank Salamone décrivent une valeur haoussa centrale, le kirki, mot sans équivalent exact en français. Des chercheurs antérieurs ont proposé « douceur ». Il recouvre les bonnes manières, la maîtrise de soi, la patience et une façon calme et courtoise de traiter autrui, et il est reconnu comme un but à chaque étape de la vie.
Les auteurs rapportent que le kirki est attendu des enfants (qui doivent être calmes et respectueux), des jeunes, des hommes et des femmes mûrs, avec une forme différente à chaque âge et pour chaque genre. Les âges de la vie qu’ils décrivent chez les Haoussas sont au nombre de quatre, contre huit chez Erik Erikson, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles ils s’opposent à une application telle quelle de la théorie occidentale du développement. Le kirki est aussi utile dans le commerce, car il facilite les relations avec une grande variété de clients.
Parce qu’il est jugé distinctif, le kirki peut aussi marquer l’identité. Un commerçant haoussa d’Ibadan, cité dans l’étude, affirmait que « les Yoruba n’ont pas de kirki », ce qui montre que la valeur sert à distinguer les Haoussas de leurs voisins, que ces voisins soient d’accord ou non.
Sources de cet article
- Salamone 2010, ch. 12, p. 119–132 (V. Salamone et F. Salamone)