Société, pouvoir et valeurs · 4/4

Lutte, jeux et appartenance

Des combats le vendredi à Ibadan, un Waziri dans une ville yoruba et l’identité comme chose qu’on pratique.

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Dans ses études sur l’émirat de Yauri et sur le quartier haoussa de Sabon Gari à Ibadan, Salamone montre comment sports et jeux aident les gens à se sentir membres d’une communauté. À Ibadan, des combats de lutte haoussa se tenaient le vendredi après-midi après la mosquée ; ils réunissaient les jeunes hommes de la communauté et recrutaient des nouveaux venus, y compris des jeunes d’autres groupes ethniques vivant dans le quartier à dominante haoussa.

Le cœur de son analyse est que l’identité ne se réduit pas à un héritage : elle est pratiquée et mise en scène de façon répétée à travers de tels événements. La lutte est « une métaphore de l’identité haoussa », une façon de dire que l’unité est à la fois un plaisir et une protection dans une ville où les Haoussas sont minoritaires.

La même recherche s’intéresse à la direction de la communauté. À Sabon Gari d’Ibadan, la communauté haoussa était représentée par un Waziri, titre emprunté aux anciennes cours émirales, qui protégeait le groupe dans ses rapports avec les autorités yoruba et arbitrait les litiges selon le droit islamique. L’autorité du Waziri reposait sur le soutien de la communauté, et la protection de la communauté dépendait en retour de son habileté.

Ces récits datent des années 1970–1990 ; les détails ont changé, mais le principe selon lequel les responsables communautaires échangent protection contre loyauté se retrouve encore dans les quartiers haoussas de toute l’Afrique de l’Ouest (voir le chapitre Diaspora).

Sources de cet article

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