Califat de Sokoto et conquête · 2/4

Comment le califat était organisé

Quinze émirats, une élite mêlée et un État bâti sur le travail d’esclaves.

2 min de lecture

Après dan Fodio, l’autorité fut partagée : son fils Muhammad Bello gouverna depuis la nouvelle capitale, Sokoto, comme calife (sarkin musulmi), tandis que son frère Abdullahi administrait la moitié occidentale depuis Gwandu. Le territoire fut divisé en émirats, chacun dirigé par un émir qui devait allégeance à Sokoto. Salamone en compte quinze à terme.

Les anciennes dynasties haoussas furent remplacées, mais pas effacées. Deux maisons vaincues fondèrent des États successeurs en exil (Abuja et Maradi), et un troisième État haoussa naquit à Argungu. Les nouveaux dirigeants peuls installés dans les villes se « haoussaïsèrent » : ils prirent des épouses haoussas, parlèrent haoussa et adoptèrent les coutumes de cour. Ce mélange est à l’origine du terme moderne haoussa-peul.

Le califat fut l’un des plus grands États de l’Afrique du XIXe siècle. Il reposait fortement sur le travail d’esclaves dans de grands domaines et dans les maisons, et des historiens comme Paul Lovejoy ont soutenu que l’esclavage s’y était fortement développé. Le califat de Sokoto du XIXe siècle est donc à la fois un monument du savoir islamique et un État esclavagiste.

Deux façons de décrire la même transition
AccentLecture du jihadQui la défend
RéformeUn mouvement pour purifier la religion et rendre justice aux pauvres et aux musulmansTradition de Sokoto ; de nombreux historiens musulmans
ConquêteLa prise des États haoussas par une élite peule qui conserva les structures des anciennes coursDe nombreux observateurs extérieurs ; certains militants haoussas aujourd’hui
MixteLes deux : une cause religieuse qui servait aussi des intérêts politiques et économiquesLa plupart des historiens professionnels

Sources de cet article

Suivant →La conquête britannique de 1903
↑