Les bassins de teinture de Kofar Mata à Kano, près de l’ancienne « Porte des Femmes », comptent parmi les plus anciens bassins encore en activité en Afrique. La tradition locale les date de 1498, sous le règne de Rumfa. Dans de profondes cuves d’argile, des hommes plongent le tissu dans l’indigo (baba) mêlé de potasse et de cendres, puis battent et étendent l’étoffe pour qu’elle s’oxyde du jaune-vert au bleu profond. Les trempages répétés donnent les teintes sombres et brillantes recherchées pour les turbans, les robes et les tenues de cérémonie.
Le cuir haoussa était tout aussi célèbre. Des peaux de chèvre et de mouton de la région de Sokoto étaient tannées avec les gousses de l’acacia appelé bagaruwa puis teintes en rouge, et exportées à travers le Sahara, où le produit fut connu en Europe sous le nom de « maroquin ». Le tissu de Kano se vendait aussi aux Touaregs et à d’autres peuples sahariens, qui appréciaient voiles et robes teints à l’indigo.
Sources de cet article
- Unsigned overview (n.d.), section « Trans-Saharan Trade and Indigenous Industries » (plan ; la date de 1498 relève de la tradition locale)