Les femmes · 2/6

Amitié et réseaux

Visites nocturnes, mariages sans hommes et casernes de Kano.

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Un thème récurrent des études que passe en revue Salamone est que les femmes construisent leurs propres réseaux solides. Comme maris et épouses mènent souvent des vies sociales séparées, les femmes confient les choses intimes à des amies et à des parentes plutôt qu’à leur mari. Elles se rendent visite, surtout la nuit, et échangent les nouvelles lors des mariages, des cérémonies de nom et d’autres rituels où aucun homme n’est présent. Par ces réseaux, soutient-il, les femmes influencent ce qui se passe dans leurs familles élargies.

Le même chapitre compare deux quartiers de Kano. Dans la Vieille Ville, les maisons ont un vestibule et des pièces privées à l’arrière, si bien que les invités du mari ne voient jamais les appartements des femmes. Dans le quartier des casernes, plus récent, les maisons n’ont pas cette disposition et les hommes passent leurs journées près de la mosquée ou ailleurs, laissant le quartier aux femmes. Beaucoup viennent d’autres régions du Nigeria et n’ont pas de parents en ville ; elles remplacent la famille par des amitiés tissées à travers tout Kano.

Ces éléments rappellent que les femmes haoussas agissent à l’intérieur de structures, et qu’elles créent leurs propres univers sociaux. Ils rappellent aussi que la plupart des récits écrits ont été recueillis par des étrangers, souvent des hommes, et que l’étude de Salamone sur le kirki note que ses propres données venaient surtout d’hommes.

Sources de cet article

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