Les femmes recluses ne sont pas oisives. Elles cuisinent pour vendre, préparent des aliments comme les beignets de haricots et les galettes de riz, filent le coton, brodent des bonnets, tressent les cheveux et vendent à l’intérieur de la concession tissus, cosmétiques et articles ménagers. Les enfants, surtout les filles, servent d’intermédiaires : ils portent aliments cuisinés et marchandises au marché, une pratique appelée talla, « colportage », et rapportent argent et commandes. Une femme peut ainsi gérer une affaire depuis chez elle sans en sortir.
Les chercheurs qui ont travaillé sur Kano et d’autres villes, dont les auteurs du recueil de Coles et Mack, Hausa Women in the Twentieth Century (1991), montrent que beaucoup de femmes ont un revenu propre, qu’elles contrôlent et utilisent pour les cérémonies, l’épargne et les cadeaux. Cette autonomie économique explique en partie pourquoi le stéréotype de la femme passive et recluse est incomplet. Les femmes rurales combinent agriculture, transformation et commerce, et la tradition haoussa garde aussi la mémoire de femmes de haut rang (voir le chapitre sur la reine Amina).
Sources de cet article
- Coles & Mack 1991, recueil dans son ensemble
- Salamone 2010, ch. 13, p. 133-141